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10 juin 2005 5 10 /06 /juin /2005 22:30

RESUME DE MA COURSE DU VOLCANO TRAIL DU 30 MAI 2004 EN GUADELOUPE

 

Jeudi 27 mai 2004, je décolle vers la Guadeloupe à environ 7000 Kms de chez moi, qui habite  Gap dans les hautes alpes, dans un but bien précis : participer au Volcano Trail de 50 Kms avec 3500m de dénivelé positive qui se situe en Basse Terre, au sud de l’île au pied du volcan de la Soufrière. Nous sommes 5 coureurs à venir de la métropole, benoît Laval et son amie Alexandra Rousset, Christophe Jacquerod, Dawa Sherpa et moi. Un accueil exceptionnel nous attends grâce aux dévouements de altitudes tropicales, une association qui à pour but de promouvoir les activités de pleine nature sur l’île, à  eric Barret  le créateur et organisateur de ce Trail et de toute son équipe.Une soirée repas chez Éric et son épouse nous a permis de  sympathiser et de faire connaissance. On oublie vite le décalage horaire et dés le lendemain matin vendredi on  pars sur le parcours pour reconnaître un peu, on décide de faire la dernière partie depuis Carmichael, je prends à ce moment là conscience des difficultés de la course du dimanche, pratiquement 3heures(un peu trop à mon avis seulement 2 jours avant la course mais benoît à fait une petite erreur d’estimation avec la carte!!) pour effectuer tout juste 15 Kms !, il faut dire qu’on y a été tranquille mais tout de même !Le samedi fût une journée repos et détente avec bonne prise de connaissance des profils et difficultés  de la course grâce à eric Barret et jacques Dugast, un local très initié dans l’organisation, une personne d’une gentillesse inouïe qui est passionnée par la course à pieds .

 Dimanche matin, réveil à 3h30, un petit déjeuner copieux nous attends dés 4h à l’accueil de l’hôtel St Georges, la tension est là, le stress de la course se mets en route et dans la voiture pour se rendre au départ, personne ne pipe mot, chacun est déjà dans sa course .A un quart d’heure du départ, Eric Barret nous donne les dernières consignes de sécurité, de comportements sur le parcours et nous souhaite bonne chance à tous. A 6H le départ est donné sur un beau tapis gazonné du Fort Delgres, je suis niché au milieu du peloton et naturellement je me retrouve devant avec Dawa et Jacquerod dés les premiers 500m . Au bout de 25 minutes de course ils commencent à  me distancer, je n’avais pas du tout la prétention de vouloir  suivre ces deux monstres du Trail sur toute la course mais c’est la cote plus rude à un moment donné qui a décidé pour moi car je suis un peu plus à l’aise sur les parties  plus roulantes .La première grosse difficulté pour moi et pour d’autres je pense fût la  montée des Monts-Caraibes, 600m de+ sur 4kms, et en plus de la dénivelé qu’il faut affronter, deux autres difficultés se rajoutent, la multitude de racines parfois énormes qu’il faut enjamber et l’humidité du terrain qui le rends très glissant. Je sens derrière moi un groupe de coureurs qui arrive, je me dit tout de suite, ne change rien à ton allure, la course est encore bien longue pour faire l’erreur de rentrer dans le rouge et ne pas pouvoir en sortir, benoît Laval me dépasse donc avec deux autres hommes dont J.Regent, deuxième du Volcano l’an passé et M Jussiaume. Au sommet des monts au Vent Soufflé une vue splendide est là mais je reconnais ne pas m’y être attardé, la descente fût pénible, je suis pas habitué à ce type de parcours et j’avoue avoir du mal à négocier facilement ces racines très glissantes entremêlées de boue, je sens que je perds du temps dans cette descente, d’ailleurs 3 autres coureurs me doublent, j’hésite à me lâcher malgré mes chaussures Icebug cloutées !un terrain moins cassant et plus proche de celui qu’on fréquente en métropole se présente en bas de cette descente vers Chamfleury juste avant le premier ravitaillement, et cela me réconforte. Je retrouve alors mes marques à ce moment là et après le ravitaillement, je me sens si bien que je redouble 5 coureurs et me retrouve à nouveau 4émé au scratch. Mais dés la remontée de la rivière du Gallion sur 1 Km on oublie le coté course à pieds pour laisser place à la partie plus technique(ou dois-je poser mes pieds sans trop glisser, sans me tordre les chevilles,quel est le chemins le plus favorable dans la rivière avec les rochers et des hauteurs d’eau différentes), benoît Laval me redouble donc dans la rivière, il me laisse sur place comme j’ai pu le faire 2kms auparavant et je me retrouve alors avec S Defranoux et M Jussiaume au 2éme ravitaillement, on se lance alors tous les trois dans la montée des poteaux pour essayer d’accrocher Benoît Laval très  proche. Mais le brouillard est là, si présent qu’on est seulement guidé par ces poteaux électriques qui défilent les uns après les autres au fils de nos efforts, la montée est longue, droite et raide avec un terrain qui se résume à une rigole gorgée d’eau très étroite et parfois en escalier pour corser un peu la difficulté. Je garderai un souvenir particulier et émouvant pour cette montée car le contexte était si particulier, cette végétation qui vient constamment vous chatouiller ou griffer les mollets, ce brouillard qui est pratiquement votre seule compagnie, ces poteaux qui sont là plantés au milieu de cette serre géante, la difficulté de la pente et du terrain, cette humidité qui vous colle à la peau sans trop savoir si vous transpirez, finalement à un moment donné j’entends un soulagement de M Jussiaume un peu devant moi qui à vu le dernier poteau ou plutôt la cabane ou nous attendez Eric Baret , le directeur de course pour nous dire un mot gentil et nous encourager. La citerne est là (pour ceux qui connaissent le secteur) mais on l’a verra pas, bien trop de brouillard, mon tendon d’Achille droit me lance quand je bascule sur le peu de descente,(tendon qui me gène depuis environ deux mois , si bien que je cours en ce moment avec des chaussures découpées au niveau du tendon pour éviter frottements et pour soulager la douleur), je me demande alors  si j’allais pas abandonner mais mon moral est encore bien trop puissant et je continue. Dés la direction du col de l’échelle la douleur s’évacue un peu, mais le brouillard est encore plus ardu, les deux acolytes sont un peu devant, j’essaie de les voir, ou tout au moins de les deviner mais en vain, je me retrouve alors seul face à la difficulté,  l’inconnu du parcours, à la fatigue qui commence à me faire quelque grimaces (3h30 de course) ! Impossible de savoir si devant ils faiblissent ou pas, si ils me prennent de l’avance ou si moi je grignote sur eux, derrière pareil, je sais pas si ils sont nombreux, si j’ai creusais l’écart, c’est le mystère le plus complet et ce manque de repères est difficile à supporter, j’avais l’impression de faire la course tout seul. Au chrono intermédiaire on m’annonce 5 minutes de retard et je sens un coureur à mes trousses, je passe le sommet de l’échelle puis descente interminable ou je reperds du temps, l’absence de coureurs avec moi m’a à nouveaux manqué car la fatigue s’est confortablement installée et personne pour me la faire un peu oublier ! J’arrive au ravitaillement du carbet en légère crise d’hypoglycémie, bravo à vous tous qui nous ravitaillés, vous êtes formidables, je dévore alors 3 sandwichs au jambon, de la soupe, du coca, 2 Mars puis je repars les jambes lourdes pour affronter les escaliers, j’alterne course à pieds puis marche en attendant de me régénérer un peu, je me fait doubler mais ne peux pas l’accrocher, je passe alors à la 8éme place. Arrivée au col de l’échelle pour la deuxième fois je me sens mieux physiquement pour affronter les crêtes de  Carmichael mais le terrain devient apocalypse par  20 cm de boue et eau en continue sur des kilomètres, je fais souvent le toboggan sur la bouillasse dans les descentes pour éviter de me faire mal, le brouillard est toujours là, un autre coureur apparaît et on fait un bout de chemin ensemble puis me distance tout doucement car plus à l’aise avec une accroche meilleure. Vers les bains chauds de Matouba , juste après la traversée de la rivière, j’ai à un moment donné un doute sur le chemin à suivre, je me lance dans une descente très raide et me retrouve à nouveaux au niveau de la rivière, je panique , je m’énerve et refait donc la montée en lacets pour me retrouver à l’endroit ou j’ai douté, je regarde tout droit c’est pas possible, sur la gauche il y a un gros talus, je me retape donc cette descente raide en me disant que c’est au pied de cette descente que je reprendrais le bon chemin, en bas je croise alors un coureur qui me dit que je suis pas dans le bon sens,  j’ai du mal à le croire et pourtant il fallait bien que j’acquiesce cette triste réalité .A ce moment là le moral est au plus bas, je n’y crois plus , j’ai perdu 3 places et environ 20 minutes , je reprends donc le chemin avec le gars et on se retrouve à nouveaux à ce point maudit, en fait sur la gauche en faisant presque un demi tour sur soi même il y avait un point de balise fluo sur un tronc d’arbre coupé et il fallait donc monter ce fameux talus, j’avais la haine en vers moi mais pas du tout sur l’organisation qui a fait un travail merveilleux sur le balisage, mon erreur est due après réflexion à un manque de lucidité du à la fatigue de 7h d’efforts déjà !Donc je continue mais la hausse du taux d’adrénaline me scotche, je n’ai plus la hargne, la tête n’est plus trop là alors que c’était le moment de plus trop faire confiance aux jambes et laisser place au moral. La fin du raid se fait donc  dans de mauvaises conditions, je ne pense plus trop au classement  ni au temps, je pense simplement à finir et je finis donc 12éme en 8h10 minutes, une place honorable certes mais j’aurais pu mieux faire, je prendrais peu être ma revanche l’année prochaine, qui sait !

En tout cas je garderai un souvenir exceptionnel de ce raid qui se veut difficile mais si beau par son parcours et toutes ses particularités .Merci Éric et à toute ton équipe.  

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Published by hervé - dans ARTICLES ET NEWS
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Pierre 22/06/2009 10:54

Salut Hervé je découvre ce jour ton blog, avec grand plaisir.
En tout cas, bravo pour tout.
Je n'ai rien d'autre à dire vues les perfs.
Pierre

Hervé Giraud-Sauveur

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